PACE

PACE est une manière de penser, de ressentir, de communiquer et de se comporter. Il s’agit d’une approche thérapeutique développée par le Dr. Dan Hughes qui vise à  renforcer le sentiment de sécurité chez l’enfant et l’adolescent.  Elle aide à travailler la façon dont les parents se connectent à leurs enfants. Sa mise en oeuvre permet d’accroître le sentiment de sécurité intérieure chez les enfants et chez les adolescents, qui se sentent ainsi encouragés à élargir l’exploration de  leur environnement. Avec l’approche PACE l’enfant en détresse commence à observer ses ressentis et peut laisser les autres s’approcher de lui émotionnellement. Il s’ouvre progressivement à la relation de confiance et aux multiples possibilités de la vie. 

PLAY / JOUER

Il s’agit de créer une atmosphère de légèreté et d’intérêt lors de la communication avec l'enfant. Cela signifie apprendre à utiliser un ton de voix léger, comme vous pouvez le faire lorsque vous racontez une histoire, plutôt qu’un ton irrité ou neutre. Il s'agit de s'amuser et d'exprimer un sentiment de joie. Semblable aux interactions parent-enfant quand les deux sont heureux d'être ensemble et d'apprendre à se connaître. Les deux se sentent en sécurité et détendus. Ils ne se sentent ni jugés ni critiqués. Les moments ludiques rassurent parents et enfants sur le fait que leurs conflits et leurs séparations sont temporaires et n'endommageront jamais la force de leur relation.
Avoir cette attitude ne signifie pas être drôle tout le temps ou plaisanter quand un enfant est triste. Il s'agit d'aider les enfants à être plus ouverts et à vivre ce qui est positif dans leur vie, une étape à la fois. Parfois, un enfant en difficulté se prive des bons moments et ne veut pas faire l'expérience de partager le plaisir. Certains enfants n'aiment pas l'affection ou refusent les embrassades et les câlins. Une attitude enjouée peut permettre la proximité sans ce que l'enfant peut percevoir comme effrayant dans le rapprochement. [showhide type="1"] Lorsque les enfants ont du mal à réguler leurs émotions la colère peut devenir fureur, la peur terreur, la tristesse désespoir. Si tel est le cas, les enfants peuvent également avoir du mal à réguler leurs sentiments d'excitation, de joie et d'amour. Lorsque c'est le cas, éprouver les émotions difficiles à accepter peut parfois causer de l'anxiété. Le jeu permet aux enfants d'éprouver des sentiments positifs ainsi que de l'espoir. Quand vous aidez l'enfant à découvrir son propre sens de l'humour, cela peut l'encourager à poser plus de questions sur sa vie et sur comment il en est venu à développer un certain comportement. Lorsque les enfants rient, ils deviennent moins défensifs ou retirés. Ils se montrent plus réfléchis. Une attitude ludique génère du plaisir dans la vie de tous les jours et peut également désamorcer une situation difficile ou tendue. Il est moins probable que l’enfant réagisse avec des attitudes défensives comme de la colère lorsque le parent adopte une attitude ludique dans ses tâches éducatives. Une réponse ludique peut ne pas être appropriée à un moment où le comportement est inapproprié. Lorsqu'elle est appliquée à des situations de moindre importance, le jeu peut aider l’enfant à mettre ses émotions en perspective, dans une ambiance joyeuse.[/showhide]

ACCEPTATION

L'acceptation inconditionnelle est la base du sentiment de sécurité de l'enfant. L'acceptation concerne la communication active à l'enfant du fait que vous acceptez les désirs, les sentiments, les pensées, les impulsions, les motivations et les perceptions qui sous-tendent le comportement externe. La vie intérieure de l'enfant est simplement comme cela ; elle n'est pas juste ou fausse. Accepter les intentions de l'enfant n'implique pas l'acceptation d'un comportement qui peut être nuisible ou offensant pour une autre personne ou pour lui-même. [showhide type="2"]
Le parent peut être ferme dans la limitation du comportement tout en acceptant les raisons profondes de celui-ci. L'enfant est ainsi susceptible d'apprendre que si son comportement est parfois critiqué et limité, il ne s'agit pas d'une critique de sa personne elle-même. L'enfant comprend que le conflit et la discipline concernent le comportement, pas la relation avec les parents ou l'estime qu'ils ont de lui. La curiosité est la base de l'acceptation de tout ce qui est sujet à un comportement. Comprendre comment l'enfant a appris à se comporter d'une certaine manière peut aider les adultes à accepter les intentions positives à l'origine de cet apprentissage. [/showhide]

CURIOSITE


La curiosité sans jugement est la manière dont nous aidons les enfants à prendre conscience de leur vie intérieure, à réfléchir aux raisons de leur comportement et à les communiquer ensuite aux parents ou aux thérapeutes. Ainsi la curiosité concerne le questionnement sur la signification du comportement de l'enfant. Elle permet à l'enfant de prendre conscience que les adultes le comprennent. Les enfants savent souvent que leur comportement n'a pas été approprié. Cependant, ils peuvent avoir du mal à comprendre le pourquoi de ce comportent. Parfois ils hésitent à se dévoiler aux adultes. Avec curiosité bienveillante et acceptation, l'adulte communique son intention de simplement vouloir comprendre les raisons du comportement. Les intentions des adultes doivent être avant tout de comprendre et d'aider l’enfant. Au-delà de l'envie d'éduquer ou de transmettre le message que la vie intérieure de l'enfant est peut-être dangereuse ou fausse. La curiosité implique l'utilisation d'un ton de voix calme et accueillant, transmettant le simple désir de comprendre l’enfant : "Que penses-tu qu’il s’est passé"? ou "Je me demande pourquoi?". Sans anticiper la réponse ou la réaction de l’enfant. [showhide type="3"] Cette attitude est différente de celle qui demande à l’enfant : "Pourquoi tu l'as fait?" Ce qui implique l'attente d'une réponse. Il s'agit plutôt de recueillir le récit de l'enfant pour lui montrer qu'on s'intéresse à lui avec l'objectif de mieux le connaître. La curiosité doit être communiquée sans le sentiment de contrariété face au comportement de l’enfant. Être curieux, par exemple, peut inclure une attitude de tristesse, plutôt que de la colère, lorsque votre enfant fait une erreur. Vous pouvez faire des hypothèses sur les pensées et ressentis de l'enfant, le lui dire à haute voix et le maintenir ainsi connecté au moment présent. C'est comme avoir une conversation presque avec soi-même et avec l’enfant devant une caméra, sans anticiper les réponses. Si un adulte réussit à rester simplement curieux de savoir pourquoi un enfant s’est comporté d’une certaine manière, l’enfant et l’adulte ont moins de chances de se sentir dépassés ou frustrés. Lorsque la curiosité est sans jugement, l'enfant et le parent restent ouverts et engagés dans des conversations, comme des interlocuteurs qui se respectent mutuellement. Les enfants commencent alors à réfléchir sur leur vie intérieure avec le parent et le thérapeute. Ils commencent à se comprendre. Progressivement, l’enfant qui approfondit la compréhension de lui-même peut découvrir que son comportement ne reflète pas quelque chose de mauvais qui se passerait à l'intérieur de lui. Mais plutôt une pensée, un sentiment, une perception ou une raison qui est stressante, effrayante et qui ne pouvait être exprimé que par son comportement. Quand l’enfant peut exprimer sa vie intérieure aux adultes, la nécessité de se comporter comme il l'a fait se réduit et le comportement dysfonctionnel tend à disparaître. Les sentiments de l'enfant concernant le comportement peuvent changer, avec moins d'attitudes défensives et de honte. [/showhide]

EMPATHIE

L'empathie permet à l'enfant de ressentir la compassion de l'adulte envers lui. Être empathique signifie que l'adulte montre activement à l'enfant que sa vie intérieure est importante pour lui et qu'il ou elle veut être avec lui pendant les moments difficiles. Avec l'empathie, lorsque l'enfant est triste ou en détresse, l'adulte ressent de la tristesse et de l'angoisse avec lui et le lui fait savoir. L'adulte montre qu'il sait à quel point cette expérience est difficile pour l'enfant. Celui-ci dit à l'enfant qu'il ne sera pas seul face à la douleur. L'adulte restera ainsi émotionnellement avec l'enfant, apportant réconfort et soutien, et ne l'abandonnera pas lorsqu'il aura le plus besoin de lui. Ainsi l'adulte communique également sa force, son amour et son engagement, avec l'assurance que le partage de la douleur de l'enfant ne sera pas envahissant. Ensemble, ils vont surmonter l'épreuve.